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Tanzanie 2008

 


En route pour Arusha

Jeudi 26 juin – C’est le départ pour Paul, Monique et moi : nous prenons l’autobus-navette pour Montréal, puis un premier vol de KLM à destination d’Amsterdam où nous nous arrêterons quelques heures avant de nous rendre à l’aéroport international de Kilimandjaro, près d’Arusha en Tanzanie. Lyne, qui devait accompagner Paul, a dû renoncer au voyage en Afrique, mais elle devrait pouvoir nous rejoindre à Amsterdam après notre safari.
 
La chance est de notre bord! Nous obtenons les meilleures places dans l’avion : trois sièges dans la toute dernière rangée… vous savez, ceux qui ne s’inclinent pas… Nous faisons escale trois heures à Amsterdam, ce qui nous donne tout juste assez de temps pour savourer une Heineken bien froide au pays même où elle a été conçue. Quel délice… 
 
Encore 9 heures de vol et nous serons à Arusha… Devinez quoi? Nous avons droit aux mêmes places dans le deuxième avion… pas moyen de s’incliner… 17 heures de vol au total, sans doute une bonne pratique pour les excursions en jeep que nous ferons en Tanzanie à la recherche des bêtes. Comme je peux quasiment dormir debout en avion, je ne souffre pas trop. Quoi qu’il en soit, KLM se rachète avec ses succulents repas… Ceux d’entre vous qui avez pris un vol KLM dernièrement me comprenez très bien. Cinq étoiles pour la présentation (pour le reste…).

Arusha 


Vendredi 27 juin – Nous arrivons à Arusha en soirée, environ 24 heures après avoir quitté Ottawa. Il est 20 h, nous sommes fatigués et la file aux douanes est interminable… qu’ont-ils fait de l’air climatisé?  Un chauffeur nous accueille à l’aéroport et nous conduit à l’hôtel, le Serena Mountain Village, en périphérie d’Arusha. Comme la ville se trouve près de l’équateur, le soleil s’y couche tôt, disons vers 18 h 30. Nous ne voyons pas grand-chose, mais ressentons plutôt bien les bosses de la route (un bien petit avant-goût des jours à venir…). L’accueil au lodge n’est pas mal du tout…du champagne pour célébrer notre première nuit en Afrique.
 
Samedi 28 juin – Comme le voyage avec Tauck ne commence en réalité que dimanche, nous avions planifié de faire un safari privé dans le Parc national d’Arusha.  Nous avions réservé les services d’un chauffeur-guide de la compagnie avec qui Tauck fait affaires en Tanzanie. Il y a de la brume ce matin… étonnant, c’est pourtant la saison sèche au pays. À 9 h, pas le moindre signe du guide ou de la compagnie...  les aventuriers commencent à s’impatienter, du moins moi. Le guide arrive à 10 h… du moins c’est ce qu’on pense… j’ai l’impression que la journée est perdue… nous entrons dans le parc où nous avons du mal à régler nos droits d’entrée… payer l’entrée dans les parcs nationaux de la Tanzanie semble être une opération complexe… on dirait bien qu’ils n’aiment pas le « cash ». Le guide et moi échangeons quelques mots. La journée ne se passe pas tout à fait comme on s’y attendait… il est 11 h 30 et nous ne sommes toujours pas entrés dans le parc.
 
Enfin, nous réussissons à démarrer… nous roulons à peine 100 pieds, puis le chauffeur freine brusquement : nous apercevons deux magnifiques girafes, des mâles, qui se donnent des coups au cou. En voyant les étincelles dans nos yeux et en nous entendant nous exclamer, notre guide Leonard déclare que les contretemps du matin étaient probablement un coup de chance. Cet instant marque le début de l’expérience qui nous attend… nous sommes venus en Afrique avant tout pour voir des bêtes, et nous comprenons maintenant que pour cela, nous dépendons entièrement des guides. Les problèmes du matin sont vite oubliés et nous sommes prêts à profiter de notre premier safari entre les mains de notre guide… ces gars-là voient tout ce qui bouge à l’horizon et ont une connaissance phénoménale du pays et de sa faune. 
 
Ce jour-là, nous avons la chance d’observer pas mal de bêtes, certaines espèces que nous recroiserons au fil des jours, mais d’autres comme le colobe, un magnifique singe au poil noir très long et à la queue blanche, que nous ne reverrons jamais pendant le voyage. Lorsque le ciel s’éclaircit, vers 13 h, nous avons droit à une vue imprenable sur le mont Kilimandjaro. La montagne est à couper le souffle! À partir de ce moment, j’essaie d’en faire la toile de fond de toutes mes photos. Je déroge même à mes habitudes et j’accepte de me faire photographier devant le célèbre mont.

À ma sortie du parc, je ne peux m’empêcher de penser à trois choses… 
 
• les girafes sont les animaux les plus gracieux de la Terre… quant elles marchent, on ne peut cesser de les admirer
• le mont Kilimandjaro, c’est toute une montagne, et
• les guides de TPS Safari sont extraordinaires... comme on dit en anglais, « they rock »!  
 

Moi qui étais convaincu que nous avions manqué le bateau ce matin, j’avoue que nous n’avons rien manqué du tout. En fait, nous avons admiré des bêtes et des paysages exceptionnels que nous n’avons pas revus ailleurs. Et rien de tout cela n’aurait été possible sans notre guide, Leonard. Leonard, si jamais il t’arrive te lire mon blogue… MERCI… et, en passant, je ne suis pas toujours comme ça… ou peut-être bien que oui.   

Album photos - Arusha

Parc national de Tarangire


Dimanche 29 juin – Nous nous réveillons de bonne heure, prêts à partir en safari. Nous faisons la connaissance de notre directrice de voyage, Rachel, puis assistons au premier de nos débriefings quotidiens. Je crois que Rachel a déjà repéré l’élève indiscipliné du groupe… vous savez, celui qui se fait entendre. Nous avons déjà rencontré certains membres du groupe hier soir, mais ce matin, tout le monde est là. Rachel nous présente nos guides : Sampson, Deo, Emmanuel et Hassan... Nous ne connaissons pas ces gars-là, mais disons que Leonard a déjà mis la barre plutôt haute. Au fil du voyage, chacun d’entre eux satisfait grandement à nos attentes et, dans bien des cas, les dépasse. Si un jour vous allez en Tanzanie, sachez qu’il n’y a pas meilleur quatuor (ou quintet, si on compte Leonard) que ces gars. Nous ne savions pas encore dans quoi nous nous embarquions, mais cela promettait d’être grandiose. 
 
Au risque de me répéter, je rappelle que Rachel avait déjà une bonne idée de ce à quoi je m’attendais, et c’est sans doute pour cela qu’elle nous a dés le départ confiés au guide en chef de Tauck, Sampson. En route vers le Parc national de Tarangire, je suis émerveillé par les vastes étendues qui défilent. Nous apercevons de nombreux Massaï qui gardent leurs troupeaux de vaches. Nous en apprendrons beaucoup plus à leur sujet plus tard pendant le voyage. En nous dirigeant vers le parc, nous apprenons aussi que Sampson n’aime pas manger la poussière de ses collègues. Il ne voit aucun problème à les suivre sur la route asphaltée, mais il s’assure de prendre la tête du convoi 500 verges avant qu’on ne quitte l’autoroute pour s’engager sur le chemin de terre. Vous devinez la suite…
 
Nous nous arrêtons à l’entrée du Parc national de Tarangire où Rachel nous donne un bref aperçu de ce qui nous attend. Peu importe ce que tous ceux qui sont déjà venus en Afrique nous ont raconté, impossible de décrire en mots ce que nous ressentons à la vue du premier troupeau d’éléphants d’Afrique dans leur milieu naturel.
 
Sur la route qui mène au Sopa Lodge, nous repérons tant d’animaux que nous commençons à nous poser des questions. Est-ce qu’ils ont été amenés là par Tauck pour nous impressionner? Est-ce qu’Emmanuel ou Deo les retiennent jusqu’à ce qu’on  arrive? Nous nous méfions d’Emmanuel… après seulement un jour de voyage, nous savons déjà qu’il est le farceur redoutable de l’équipe... suivi de Deo…
 
Nous arrivons enfin à l’hôtel, nous nous installons et nous dînons. Je prends en photos des lézards oranges et bleus ainsi que des damans... on dirait des lapins sans queue ni oreilles, mais ces petites bêtes peuvent vous couper le doigt dans le temps de le dire. En après-midi, notre safari est lucratif : zèbres, gnous, buffles du cap… et, croyez-le bien, un léopard… il est loin de la route mais bel et bien là, étendu sur la branche d’un gros arbre. Je l’ai vu à travers la lentille de mon appareil… il était petit, mais je l’ai réellement vu… Bilan : nous avons vu 3 des 5 grands mammifères d’Afrique (on les appelle « the Big 5 » en anglais) dès le premier jour de notre safari! Il y a de quoi se réjouir! Sur le chemin du retour, un troupeau de buffles du cap traverse devant le premier jeep… cela réveille certains passagers… ces bêtes sont énormes et ont l’air féroce.
 
Lundi 30 juin – Nous faisons un safari tôt le matin, mais la récolte est mince. Nous voyons un nouveau genre d’antilope, un steenbok... Nous avions vu des impalas la veille… ceux qu’on appelle les gazelles McDonald… si vous regardez bien leurs fesses, vous verrez que les stries noires qui s’y trouvent ressemblent au logo de McDo… il doit bien y avoir une explication… quoi qu’il en soit, le steenbok est beaucoup plus petit que l’impala. Nous faisons un deuxième safari en après midi. Pendant que nous observons des girafes et des zèbres, Deo lance « il y quelque chose d’intéressant un peu plus loin ».
 
Nous nous rendons à l’endroit en question en un temps record… en avalant bien sûr notre ration de poussière... Et là, devant nous, le numéro 4 de la liste : une meute de lions qui se prélassent… il est très difficile de bien les voir dans l’herbe longue de la savane, mais à 17 h 30, une troupe de babouins vient à notre aide en commençant à faire la fête dans un arbre de l’autre côté de la rive. Les singes font tant de bruit qu’ils réveillent les lions… et par conséquent les photographes. Vous devinez la suite… 10 jeeps pleins de photographes qui s’en donnent à c½ur joie. Nous passons plus d’une heure à observer les rois de la jungle.

Album photos - Tarangire

Lac Manyara


Mardi 1er juillet – C’est la fête du Canada…Paul a apporté quelques épinglettes du drapeau canadien… nous entamons la journée en chantant notre hymne national devant le lodge. Heureux hasard (Rachel jure que ce n’était pas planifié), tous les passagers de notre Land Cruiser aujourd’hui sont des Canucks… Nous dénichons un drapeau pour Emmanuel… il devient le premier guide TPS tanzano-canadien… nous sommes en grande forme… nous partons tôt, à destination du lac Manyara, tout en faisant un dernier safari dans le Parc national de Tarangire.
 
Premier arrêt : une école élémentaire des Massaï… c’est fête aujourd’hui, et seuls les élèves de 4e et de 7e année sont en classe. Nous rassemblons les fournitures scolaires que nous avons apportées pour les jeunes. Roy et Teri en ont un sac plein. On nous fait l’historique de l’école et on nous parle du système de l’éducation en Tanzanie. Le gouvernement a adopté une loi qui oblige tous les enfants du pays à faire leurs études primaires. Très souvent, les Massaï dérogent toujours à la loi et, pour diverses raisons économiques et culturelles, choisissent de ne pas envoyer leurs enfants à l’école. En fait, leurs enfants ne parlent pas le swahili. On nous apprend aussi que certains élèves doivent marcher quelque 3 ou 4 heures pour se rendre à l’école. Calculez rapidement… les cours commencent à 8 h 30… certains jeunes doivent donc quitter la maison à 4 h 30 ou 5 h pour ne pas être en retard… ils doivent faire le trajet dans un territoire infesté de bêtes sauvages… imaginez un peu qu’un enfant nord-américain âgé de 6 ans soit obligé de traverser une forêt à l’aube pour se rendre à l’école… ouainh… c’est ça.
 
Après la visite à l’école, nous nous dirigeons vers notre hôtel, le Lake Manyara Serena Safari Lodge au sommet de l’escarpement de la vallée du Rift. La vue du sommet est à couper le souffle. Nous apercevons le lac Manyara au fond de la vallée. C’est là où nous mènera notre expédition cet après-midi. L’écosystème que nous découvrons dans le Parc national du lac Manyara est bien différent. La forêt se nourrit des cours d’eau qui ont leur source au sommet de la falaise. Tout est vert, et nous apercevons nos premiers hippopotames… Ils ADORENT les trous de boue… j’avoue que même si j’avais entendu dire à la télé que les hippopotames font du bruit, les entendre en personne, c’est vraiment impressionnant… Ils évacuent beaucoup de gaz… Sur le chemin du retour, nous tombons sur un vieil éléphant de taille imposante qui brise des arbres et casse des branches le long de la route… Il doit avoir faim et ne semble pas trop content qu’on dérange son repas… Quand il commence à marcher vers notre véhicule, je me dis qu’il faut le prendre au sérieux, mais que la pire chose à faire serait de tenter de quitter les lieux… alors nous restons immobiles… l’éléphant traverse la route tout juste devant nous… je n’ai jamais été aussi près d’un si gros obstacle… un obstacle vivant, je veux dire… quel feeling… son regard en disait long.
 
Le bolide canadien a un petit pépin à la sortie du parc… un petit caillou s’est logé entre le disque du frein et une plaque qui le protège. Au départ, on pense que le silencieux vient de lâcher… mais ce n’est pas le cas, après avoir démantelé la roue, les hommes retirent le caillou et Emmanuel et l’Équipe Canada ne font bien rire d’eux…
 
Mercredi 2 juillet – Nous commençons la journée en allant visiter Mto Wa Mbu, un village agricole aussi connu sous le nom de Mosquito Creek (le crique aux moustiques). Le premier arrêt au village se fait au marché, où il y a beaucoup de fruits et de légumes locaux. Puis, nous allons à la brasserie où ils font de la bière aux bananes. Le processus est intéressant, mais je ne suis pas assez fou pour goûter au produit… Les plus téméraires du groupe se risquent... quelques heures plus tard Sampson nous dit que lui, il ne toucherait jamais à cette bière brassée maison par crainte d’attraper la fièvre typhoïde. Certains braves seront peut-être moins aventuriers à leur prochain voyage. Nous visitons ensuite un moulin où l’on moud du grain et du riz et, pour clore la journée, la maison familiale d’un villageois. 
 
En après-midi, nous partons à destination du Serena Ngorongoro Crater Safari Lodge, où nous sommes accueillis par des danseurs traditionnels Massaï.    

Album photos - Lake Manyara

Cratère du Ngorongoro


Jeudi 3 juillet – Nous faisons un safari matinal dans le cratère qui, je le dis pour plaire aux puristes du groupe, est en fait une caldeira (un volcan qui s’est effondré sur lui-même).  Rachel nous demande d’être gentils avec elle et de ne pas la reprendre chaque fois qu’elle parle de cratère plutôt que de caldeira, ce que nous faisons. Quelques minutes après nous être enfoncés dans le Parc national du cratère du Ngorongoro, nous apercevons notre premier guépard… à vrai dire, nous passons 5 minutes à tenter de le repérer dans l’herbe longue… lorsqu’il est bien en en vue, clic-clic-clic . C’est le seul membre de l’espèce que nous verrons pendant tout le voyage.  
 

Le paysage dans le cratère est exceptionnel, rehaussé en plus par les premiers rayons de soleil qui transpercent les nuages… ou plutôt un épais brouillard. Le lac regorge de flamands roses… et les chacals n’hésitent pas à y rassasier leur faim. Une bonne cuisse de flamand à emporter! En se promenant, on voit quelques hyènes… elles ne rient pas et on se dit qu’il serait risqué de les flatter… elles ne sont pas très amicales ce matin… je crois qu’elles se sont levées de la mauvaise patte.
 
Avant le lunch, nous voyons notre premier, et seul, rhinocéros noir… il se trouve très loin de la route, mais je le vois bien avec ma lentille d’approche… tout un spectacle… même de loin je constate la grâce de cet animal magnifique. Puis, on part à la chasse au léopard. Rachel nous met l’eau à la bouche en disant que nous nous dirigeons vers un endroit où beaucoup disent avoir aperçu un léopard. Vite, nous oublions notre faim et les boîtes à lunch promises, et nous nous mettons en mode « repérage de léopards dans les arbres ». Le chemin est assez cahoteux. Lorsque nous arrivons à destination, nous sommes accueillis par le personnel du lodge qui a dressé des tables où nous attend un somptueux buffet… et un bar payant. Tout cela au milieu de la jungle. Ce n’est pas le léopard dont nous rêvions, mais quel repas. La Serengeti, la bière locale, est bien froide. Inutile de dire qu’après ce petit épisode, nous nous mettons à douter de la sincérité de Rachel chaque fois qu’elle commence à parler de léopard ou de boîte à lunch.
 
Le reste de l’excursion dans le cratère est sensationnelle. Nous voyons une foule d’autres espèces d’oiseaux, des gazelles, des hippopotames et d’autres lions. 

Album photos - Ngorongoro Crater

Serengeti – secteur Seronera


Vendredi 4 juillet – La rotation des passagers dans les véhicules est telle que nous faisons de nouveau équipe avec nos compatriotes. J’espère que nos amis américains auront autant de plaisir à fêter leur fête nationale que nous en avons eu le 1er juillet. Vu l’absence de témoins indépendants dans leurs véhicules, cela est impossible à vérifier. Nous sommes tout de même surpris de constater que personne ne se porte volontaire pour entonner leur hymne national, Star Spangled Banner.
 
Nous quittons la crête et nous enfonçons dans le plateau en nous dirigeant vers le Serengeti. Nous faisons un premier arrêt dans un village Massaï, où les habitants nous accueillent au rythme de leurs danses traditionnelles, dans lesquelles ils entraînent d’ailleurs quelques membres du « Family Unit » (je veux parler des huit membres d’une même famille qui font partie du voyage sous la direction des plus jeunes aînés du groupe, Barbara et David, à la fois parents et grands-parents des six autres). Nous visitons l’intérieur d’une hutte de Massaï… c’est petit, sombre et enfumé, mais cela suffit à leurs besoins et c’est imperméable. Nous nous rendons ensuite au centre du village, où les homes nous montrent comment allumer un feu avec de simples bâtons de bois... personnellement, je préfère les briquets, mais eux, ils sont tellement habiles avec ces bouts de bois qu’ils n’auront jamais besoin d’allumettes. Nous terminons la visite par une vive session de marchandage avec les villageois pour acheter des articles-souvenirs Massaï originaux. 
 
À la sortie du village, nous mettons le cap sur le Serengeti. En route, nous faisons un arrêt aux gorges d’Olduvai Gorge, le berceau de l’humanité, où nous assistons à un cours d’histoire sur l’origine de l’Homme. J’ai un sentiment de déjà vu… je me dis que mon ADN est probablement déjà passé par ici il y a des millions d’années… est-ce la chaleur qui m’affecte? 
 
La leçon bien apprise, nous remontons dans nos jeeps et partons enfin pour le Parc national du Serengeti. Près de l’entrée du parc, nous nous arrêtons dans un petit oasis. Ce n’est pas vraiment un oasis, mais un centre de ravitaillement où ils vendent du vin assez bon marché. Nous faisons donc provision. Et puis nous lunchons... Rachel nous distribue de vraies boîtes à lunch cette fois. 
 
Une fois le ventre plein, nous partons pour le Serena Serengeti Safari Lodge. En route, nous croisons d’autres bêtes et nous nous arrêtons près d’un étang d’hippopotames. Mike, l’ingénieur spécialisé en systèmes aquatiques du groupe, avoue n’avoir jamais vu de plan d’eau aussi peu potable… mais il soutient qu’avec assez d’argent, il pourrait le remettre en état. Mike est aussi très impressionné par la grande quantité de gaz qui s’échappent des lieux... Au lodge, nous sommes reçus par le directeur de l’établissement qui insiste sur le fait que nous ne devons pas nous déplacer dans le complexe le soir à moins d’être escortés par un membre du  personnel. Les écureuils du Serengeti sont si gros, dit-il, qu’ils peuvent dévorer un homme... ok... je me trompe peut-être de bête.
 
Samedi 5 juillet – Nous nous levons à l’aube… oui, il doit être à peine 4 h… pour aller survoler la plaine en montgolfière... pendant que nous roulons vers le lieu de l’envolée, une hyène s’élance devant notre véhicule. Elle semble vouloir nous montrer le chemin. Je crois que ces bêtes ne se lassent jamais de courir. À notre arrivée, on nous explique que les nacelles seront à l’horizontal pour que nous puissions y monter... l’idée de me glisser sur le dos dans un petit compartiment de l’engin volant me laisse plutôt perplexe... je deviens carrément un sceptique convaincu quand j’apprends que je devrai partager ma cellule avec un autre gars de ma taille... je n’avais par tort… le pilote me fait signe d’attendre et de monter à bord lorsque que la nacelle sera redressée. Pour l’atterrissage, ce sera une autre histoire…
 
La vue d’en haut est magnifique... lorsque les brûleurs sont éteints, tout ce qu’on entend c’est le silence total. Nous survolons un étang d’hippopotames et voyons clairement qu’ils n’apprécient pas du tout notre présence. Les brûleurs nous trahissent. Quel sentiment que de se retrouver dans les airs et d’observer le véritable paradis qu’est le Serengeti! Dès l’atterrissage, le personnel de Serengeti Balloon Safaris nous ramène rapidement près de la route (des lions auraient pu se cacher dans l’herbe à 10 pieds de nous et nous ne les aurions jamais vus). Et voilà, c’est l’heure du champagne. La cérémonie officielle au champagne terminée, nous nous dirigeons vers un autre endroit dans la savane où l’on nous sert un petit déjeuner complet, bien chaud, et bien sûr d’autre champagne. Nous rentrons au lodge, où certains membres du groupe succombent à la sieste provoquée par la petite flûte de trop. Paul et moi prenons plutôt le bord de la piscine et sommes fiers de dire que nous sommes maintenant membres du Club polaire d’Afrique… les Africains n’ont pas compris qu’ils auraient avantage à chauffer leurs piscines.
 
Nous faisons un safari en début d’après-midi et avons la chance de voir d’autres espèces magnifiques de la faune africaine. Au retour, une fête du 4 juillet le 5 est prévue. À vrai dire, ce n’est pas la fête des Américains que nous célébrons… Hassan, un de nos guides, se marie la semaine prochaine et Rachel a organisé un party pour souligner l’événement. Hassan ne se doute de rien et arrive vêtu d’un T-shirt God Bless America,  prêt à fêter le 4 juillet. Tout le monde rit... surtout de voir sa réaction quand il finit par lire l’inscription sur le gâteau.

Album Photos - Serengeti secteur Seronera

Serengeti – secteur Kirawira


Dimanche 6 juillet – Encore une fois, nous partons de bon matin, car nous avons un long trajet à parcourir pour nous rendre au campement luxueux où nous passerons nos dernières nuits, le Kirawira Luxury Tented Camp. Aussitôt arrivés, nous avons droit aux mises en garde d’usage au sujet des écureuils géants et d’un invité de marque, une espèce de chat sauvage africain qui pourrait venir visiter la salle à manger pendant la nuit et qu’il vaudrait mieux s’abstenir de flatter… car il n’est pas domestiqué. Nous allons ensuite nous installer dans nos chambres... pas besoin de clé, une fermeture-éclair suffit.  Nous rangeons nos effets et je décide de prendre une photo du paysage que nous apercevons de la véranda de notre tente. Je demande à Monique de s’installer près de la rampe pour qu’elle soit dans la photo. Pendant que je fais la mise au foyer, j’entends la voix nerveuse de Monique qui me dis : Guy… Guy, viens ici… Guy, viens ici...  Je m’approche d’elle et elle dirige mon regard vers une genette (Genet Cat, en anglais), le soi-disant invité spécial dont ils nous ont parlé… La genette est étendue sur les poutres du toit en toile qui sert de deuxième toit à notre tente... J’ai réussi à la prendre en photo, c’est tout ce que je voulais... Elle n’est pas revenue nous rendre visite... En après-midi, nous flânons à la piscine où je commande une bière Safari. Le serveur me dit qu’ils ont une maxime en Tanzanie : « One safari leads to another » (quand on y a goûté une fois, on ne peut s’empêcher d’y revenir)… et il avait raison… on l’a entendu quelques fois à Kirawira celle-là.
Après une autre saucette polaire... cette fois Monique se joint aux braves... nous repartons en safari à la fin de l’après-midi. Nous voyons cette fois de plus gros troupeaux de gnous et de buffles du cap. Un superbe repas à cinq services vient couronner la journée. Nous nous retirons ensuite dans nos quartiers pour dormir. Mais quand on dort sous la tente, on entend tout, même des bêtes se faire tuer dans la nuit.
 
Lundi 7 juillet – Tôt ce matin, nous repartons en safari. Le temps est magnifique... un lever de soleil électrisant jette une lumière orangée et rougeâtre sur le paysage… c’est une lumière parfaite pour la photo.  Debout dans notre jeep, pendant que nous observons un troupeau de bêtes, nous entendons soudainement le bruit le plus fort que nous ayons jamais entendu, le genre de bruit qui fait trembler un homme dans ses bottines. Je comprends maintenant pourquoi nous devons avoir peur des lions. Nous n’arrivons pas à repérer le fameux roi des lieux, mais à en juger par son rugissement, je me demande à quel point nous sommes en sécurité dans le véhicule… nous ne ressemblons à rien de plus que de la bouffe en conserve… Nous voyons par la suite pour la première fois des vautours, des buses et des cigognes marabouts s’attaquer à une carcasse de gnou. Nous passons aussi sous un arbre où pend la carcasse, ou du moins le squelette, de ce qui reste du souper d’un léopard... c’est un peu dérangeant… mais il fallait que j’en prenne une photo. 
 
En après-midi, Paul, Monique et moi nous rendons à la piscine où nous retrouvons Al et Patty. Patty se risque dans la piscine polaire. Un babouin vient voir ce qui se passe, et je prends en photo un mamba vert…pas vraiment, c’est plutôt une couleuvre, mais ce n’est pas évident quand on regarde la photo. Après la baignade pour peu dire rafraîchissante, nous entreprenons notre dernier safari pendant lequel nous apercevons le plus gros crocodile du voyage. Quelle pièce!!! Mais toute bonne chose a une fin et nous rentrons au lodge. Rachel a organisé un souper d’adieu où nous partageons nos souvenirs des dix derniers jours. C’est une très belle soirée, mais je réalise que tout sera bientôt fini… j’aurais aimé que le voyage se poursuive encore quelques semaines.
 
Demain, nous prenons le chemin du retour...

Album photos - Serengeti secteur Kirawira

LE RETOUR
 
Aéroport de Grumeti River – Kirawira, Parc national du Serengeti


Mardi 8 juillet – Nous devons prendre un vol tôt le matin à destination d’Arusha… des avions de brousse passent nous prendre à l’aéroport local. Il faut être à l’aéroport 3 heures avant le départ pour passer les contrôles de sécurité…  je vous ai eus! À vrai dire, nous arrivons sur place et, 5 minutes plus tard, nous décollons. Le vol est intéressant... les paysages ne nous laissent pas indifférents. Nous voyons même un volcan actif. À Arusha, nous visitons une plantation de café. On nous explique comment les fèves de café sont transformées et comment elles arrivent à goûter si bon. Nous avons aussi droit à un cours sur la préparation de la meilleure tasse de café au monde. En passant, la beauté de la cafetière n’a rien à y voir… Rachel nous ramène ensuite à l’hôtel où nous pouvons nous rafraîchir et nous changer… nous commençons aussi à nous préparer en prévision des succulents repas qui nous attendent sur les ailes de KLM… Traduction : nous passons à la salle à manger prendre un gros hamburger qui nous rassasiera pour les 15 heures de voyage… Je suis content de ne pas être un mangeur de salade.
 
Le vol de KLM est en retard... et le reste de la journée suit son cours. 

Amsterdam
 
Mercredi 9 juillet – Pour amortir le voyage de retour, nous avions prévu de nous arrêter quelques jours à Amsterdam. Lyne, la femme de Paul, nous retrouve à l’aéroport. Son avion a atterri 20 minutes avant le nôtre. Nous filons au centre-ville,  nous nous inscrivons à l’hôtel et nous partons à pied pour Dam Square. Cela fait à peine 10 minutes que nous marchons que nous rencontrons Al et Patty, deux participants au safari de Tauck qui resteront eux aussi quelques jours à Amsterdam.  Nous passons la journée à découvrir cette vieille ville au grand cachet. La veille à Arusha, nous avions planifié d’y retrouver Al et Patty du Texas ainsi que deux autres membres du groupe, Mike et Penny de la Californie qui font aussi escale à Amsterdam avant de rentrer à Arcadia demain. J’initie la gang à un drink hollandais que j’aime beaucoup, le genièvre, plus précisément le Bols Corenwyn Jenever vieilli en barils de chêne. À chacun de mes passages à Amsterdam, je m’arrête dans un petit bar près de Dam Square où j’ai goûté au Corenwyn pour la première fois. Le propriétaire y est depuis 32 ans. Il ne me reconnaît pas, mais moi je le reconnais... c’est curieux. Après avoir passé un bon moment au bar, nous allons tous au restaurant goûter aux spécialités du pays. Le repas fini, nous faisons nos adieux et partons chacun notre chemin. J’espère que nos routes se croiseront de nouveau un jour.
 
Jeudi 10 juillet – Nous passons de musée en musée. Il pleut à boire de bout... on ne pourrait demander meilleure température vu le programme de la journée. Notre premier arrêt : la maison d’Ann Frank. Quelques minutes dans le musée suffisent pour nous convaincre de la misère qui a affligé la jeune fille et sa famille pendant la Seconde Guerre mondiale. Je n’en suis pas à mon premier voyage à Amsterdam, mais c’est la première fois que je me rends à ce musée que je recommande d’ailleurs à tout le monde. Le Rijksmuseum est toujours intéressant; les tableaux de Rembrandt sont quelque chose à voir. En fin de journée, nous nous rendons dans mon musée préféré d’Amsterdam, j’irais même jusqu’à dire le meilleur au monde à mes yeux, le musée Van Gogh. Il y a tant de chefs d’½uvre dans cet immeuble, c’est tout simplement merveilleux. J’ai la chance de revoir mes deux tableaux préférés : la maison jaune et la chambre à coucher. Vincent van Gogh était certainement un grand maître du sens des proportions (une petite blague entre nous et Paul, il fallait y être… peut-être Paul vous donnera-t-il sa version des faits un jour). Pour clore la journée, nous prenons un autre repas typique du pays, un Rijsttafel (table de riz) et visitons le célèbre Red Light District d’Amsterdam... je vous laisse vous imaginer ce que nous avons vu… je ne voudrais pas choquer la parenté ou mes plus jeunes lecteurs.  
 

Vendredi 11 juillet – Le troisième jour est consacré à la marche et à une promenade en bateau sur les canaux d’Amsterdam. Pour partir la journée, nous faisons un marathon d’au moins 40 milles, il me semble, à la recherche du seul restaurant en Hollande où l’on fait des crêpes avant midi. Les deux dames qui nous accompagnent ont décidé qu’elles veulent des crêpes pour déjeuner… (Note de la rédaction : Selon le guide touristique de Monique, les crêpes sont une des dix grandes spécialités culinaires des Pays-Bas.) C’est comme ça que nous apprenons que la majorité des crêperies n’ouvrent que pour le repas du midi. Nous finissons par en dénicher une qui l’est, nous obtenons nos crêpes et nous crions victoire. Nous prenons notre dernier souper à Amsterdam dans un très beau restaurant italien à deux pas de l’hôtel.
 
Samedi 12 juillet – Il pleut, pour faire changement... nous quittons Amsterdam pour rentrer à Ottawa où je me remémorerai longtemps l’expérience vécue en Tanzanie. Quel endroit fantastique! J’ai du mal à croire que je ne reverrai plus de girafes ou d’éléphants d’Afrique dans leur milieu naturel. Cependant, je pourrai toujours dire que je suis un des gars les plus chanceux au monde puisque j’ai pu aller là-bas… et je continuerai de rêver au moment où je pourrai retourner dans ce véritable paradis. 

Album photos - Le Retour

J'espère que vous avez aimé votre voyage en Tanzanie!