
En route pour Arusha
Jeudi 26 juin
– C’est le départ pour Paul, Monique et moi : nous prenons
l’autobus-navette pour Montréal, puis un premier vol de KLM à
destination d’Amsterdam où nous nous arrêterons quelques heures avant
de nous rendre à l’aéroport international de Kilimandjaro, près
d’Arusha en Tanzanie. Lyne, qui devait accompagner Paul, a dû renoncer
au voyage en Afrique, mais elle devrait pouvoir nous rejoindre à
Amsterdam après notre safari.
La chance est de notre bord!
Nous obtenons les meilleures places dans l’avion : trois sièges dans la
toute dernière rangée… vous savez, ceux qui ne s’inclinent pas… Nous
faisons escale trois heures à Amsterdam, ce qui nous donne tout juste
assez de temps pour savourer une Heineken bien froide au pays même où
elle a été conçue. Quel délice…
Encore 9 heures de vol et
nous serons à Arusha… Devinez quoi? Nous avons droit aux mêmes places
dans le deuxième avion… pas moyen de s’incliner… 17 heures de vol au
total, sans doute une bonne pratique pour les excursions en jeep que
nous ferons en Tanzanie à la recherche des bêtes. Comme je peux
quasiment dormir debout en avion, je ne souffre pas trop. Quoi qu’il en
soit, KLM se rachète avec ses succulents repas… Ceux d’entre vous qui
avez pris un vol KLM dernièrement me comprenez très bien. Cinq étoiles
pour la présentation (pour le reste…).
Arusha

Vendredi 27 juin
– Nous arrivons à Arusha en soirée, environ 24 heures après avoir
quitté Ottawa. Il est 20 h, nous sommes fatigués et la file aux douanes
est interminable… qu’ont-ils fait de l’air climatisé? Un chauffeur
nous accueille à l’aéroport et nous conduit à l’hôtel, le Serena
Mountain Village, en périphérie d’Arusha. Comme la ville se trouve près
de l’équateur, le soleil s’y couche tôt, disons vers 18 h 30. Nous ne
voyons pas grand-chose, mais ressentons plutôt bien les bosses de la
route (un bien petit avant-goût des jours à venir…). L’accueil au lodge
n’est pas mal du tout…du champagne pour célébrer notre première nuit en
Afrique.
Samedi 28 juin – Comme le voyage avec Tauck
ne commence en réalité que dimanche, nous avions planifié de faire un
safari privé dans le Parc national d’Arusha. Nous avions réservé les
services d’un chauffeur-guide de la compagnie avec qui Tauck fait
affaires en Tanzanie. Il y a de la brume ce matin… étonnant, c’est
pourtant la saison sèche au pays. À 9 h, pas le moindre signe du guide
ou de la compagnie... les aventuriers commencent à s’impatienter, du
moins moi. Le guide arrive à 10 h… du moins c’est ce qu’on pense… j’ai
l’impression que la journée est perdue… nous entrons dans le parc où
nous avons du mal à régler nos droits d’entrée… payer l’entrée dans les
parcs nationaux de la Tanzanie semble être une opération complexe… on
dirait bien qu’ils n’aiment pas le « cash ». Le guide et moi échangeons
quelques mots. La journée ne se passe pas tout à fait comme on s’y
attendait… il est 11 h 30 et nous ne sommes toujours pas entrés dans le
parc.
Enfin, nous réussissons à démarrer… nous roulons à peine
100 pieds, puis le chauffeur freine brusquement : nous apercevons deux
magnifiques girafes, des mâles, qui se donnent des coups au cou. En
voyant les étincelles dans nos yeux et en nous entendant nous exclamer,
notre guide Leonard déclare que les contretemps du matin étaient
probablement un coup de chance. Cet instant marque le début de
l’expérience qui nous attend… nous sommes venus en Afrique avant tout
pour voir des bêtes, et nous comprenons maintenant que pour cela, nous
dépendons entièrement des guides. Les problèmes du matin sont vite
oubliés et nous sommes prêts à profiter de notre premier safari entre
les mains de notre guide… ces gars-là voient tout ce qui bouge à
l’horizon et ont une connaissance phénoménale du pays et de sa faune.
Ce
jour-là, nous avons la chance d’observer pas mal de bêtes, certaines
espèces que nous recroiserons au fil des jours, mais d’autres comme le
colobe, un magnifique singe au poil noir très long et à la queue
blanche, que nous ne reverrons jamais pendant le voyage. Lorsque le
ciel s’éclaircit, vers 13 h, nous avons droit à une vue imprenable sur
le mont Kilimandjaro. La montagne est à couper le souffle! À partir de
ce moment, j’essaie d’en faire la toile de fond de toutes mes photos.
Je déroge même à mes habitudes et j’accepte de me faire photographier
devant le célèbre mont.
À ma sortie du parc, je ne peux m’empêcher de penser à trois choses…
• les girafes sont les animaux les plus gracieux de la Terre… quant elles marchent, on ne peut cesser de les admirer
• le mont Kilimandjaro, c’est toute une montagne, et
• les guides de TPS Safari sont extraordinaires... comme on dit en anglais, « they rock »!
Moi
qui étais convaincu que nous avions manqué le bateau ce matin, j’avoue
que nous n’avons rien manqué du tout. En fait, nous avons admiré des
bêtes et des paysages exceptionnels que nous n’avons pas revus
ailleurs. Et rien de tout cela n’aurait été possible sans notre guide,
Leonard. Leonard, si jamais il t’arrive te lire mon blogue… MERCI… et,
en passant, je ne suis pas toujours comme ça… ou peut-être bien que
oui.
Album photos - Arusha
Parc national de Tarangire

Dimanche 29 juin
– Nous nous réveillons de bonne heure, prêts à partir en safari. Nous
faisons la connaissance de notre directrice de voyage, Rachel, puis
assistons au premier de nos débriefings quotidiens. Je crois que Rachel
a déjà repéré l’élève indiscipliné du groupe… vous savez, celui qui se
fait entendre. Nous avons déjà rencontré certains membres du groupe
hier soir, mais ce matin, tout le monde est là. Rachel nous présente
nos guides : Sampson, Deo, Emmanuel et Hassan... Nous ne connaissons
pas ces gars-là, mais disons que Leonard a déjà mis la barre plutôt
haute. Au fil du voyage, chacun d’entre eux satisfait grandement à nos
attentes et, dans bien des cas, les dépasse. Si un jour vous allez en
Tanzanie, sachez qu’il n’y a pas meilleur quatuor (ou quintet, si on
compte Leonard) que ces gars. Nous ne savions pas encore dans quoi nous
nous embarquions, mais cela promettait d’être grandiose.
Au
risque de me répéter, je rappelle que Rachel avait déjà une bonne idée
de ce à quoi je m’attendais, et c’est sans doute pour cela qu’elle nous
a dés le départ confiés au guide en chef de Tauck, Sampson. En route
vers le Parc national de Tarangire, je suis émerveillé par les vastes
étendues qui défilent. Nous apercevons de nombreux Massaï qui gardent
leurs troupeaux de vaches. Nous en apprendrons beaucoup plus à leur
sujet plus tard pendant le voyage. En nous dirigeant vers le parc, nous
apprenons aussi que Sampson n’aime pas manger la poussière de ses
collègues. Il ne voit aucun problème à les suivre sur la route
asphaltée, mais il s’assure de prendre la tête du convoi 500 verges
avant qu’on ne quitte l’autoroute pour s’engager sur le chemin de
terre. Vous devinez la suite…
Nous nous arrêtons à l’entrée du
Parc national de Tarangire où Rachel nous donne un bref aperçu de ce
qui nous attend. Peu importe ce que tous ceux qui sont déjà venus en
Afrique nous ont raconté, impossible de décrire en mots ce que nous
ressentons à la vue du premier troupeau d’éléphants d’Afrique dans leur
milieu naturel.
Sur la route qui mène au Sopa Lodge, nous
repérons tant d’animaux que nous commençons à nous poser des questions.
Est-ce qu’ils ont été amenés là par Tauck pour nous impressionner?
Est-ce qu’Emmanuel ou Deo les retiennent jusqu’à ce qu’on arrive? Nous
nous méfions d’Emmanuel… après seulement un jour de voyage, nous savons
déjà qu’il est le farceur redoutable de l’équipe... suivi de Deo…
Nous
arrivons enfin à l’hôtel, nous nous installons et nous dînons. Je
prends en photos des lézards oranges et bleus ainsi que des damans...
on dirait des lapins sans queue ni oreilles, mais ces petites bêtes
peuvent vous couper le doigt dans le temps de le dire. En après-midi,
notre safari est lucratif : zèbres, gnous, buffles du cap… et,
croyez-le bien, un léopard… il est loin de la route mais bel et bien
là, étendu sur la branche d’un gros arbre. Je l’ai vu à travers la
lentille de mon appareil… il était petit, mais je l’ai réellement vu…
Bilan : nous avons vu 3 des 5 grands mammifères d’Afrique (on les
appelle « the Big 5 » en anglais) dès le premier jour de notre safari!
Il y a de quoi se réjouir! Sur le chemin du retour, un troupeau de
buffles du cap traverse devant le premier jeep… cela réveille certains
passagers… ces bêtes sont énormes et ont l’air féroce.
Lundi 30 juin
– Nous faisons un safari tôt le matin, mais la récolte est mince. Nous
voyons un nouveau genre d’antilope, un steenbok... Nous avions vu des
impalas la veille… ceux qu’on appelle les gazelles McDonald… si vous
regardez bien leurs fesses, vous verrez que les stries noires qui s’y
trouvent ressemblent au logo de McDo… il doit bien y avoir une
explication… quoi qu’il en soit, le steenbok est beaucoup plus petit
que l’impala. Nous faisons un deuxième safari en après midi. Pendant
que nous observons des girafes et des zèbres, Deo lance « il y quelque
chose d’intéressant un peu plus loin ».
Nous nous rendons à
l’endroit en question en un temps record… en avalant bien sûr notre
ration de poussière... Et là, devant nous, le numéro 4 de la liste :
une meute de lions qui se prélassent… il est très difficile de bien les
voir dans l’herbe longue de la savane, mais à 17 h 30, une troupe de
babouins vient à notre aide en commençant à faire la fête dans un arbre
de l’autre côté de la rive. Les singes font tant de bruit qu’ils
réveillent les lions… et par conséquent les photographes. Vous devinez
la suite… 10 jeeps pleins de photographes qui s’en donnent à c½ur joie.
Nous passons plus d’une heure à observer les rois de la jungle.
Album photos - Tarangire
Lac Manyara

Mardi 1er juillet
– C’est la fête du Canada…Paul a apporté quelques épinglettes du
drapeau canadien… nous entamons la journée en chantant notre hymne
national devant le lodge. Heureux hasard (Rachel jure que ce n’était
pas planifié), tous les passagers de notre Land Cruiser aujourd’hui
sont des Canucks… Nous dénichons un drapeau pour Emmanuel… il devient
le premier guide TPS tanzano-canadien… nous sommes en grande forme…
nous partons tôt, à destination du lac Manyara, tout en faisant un
dernier safari dans le Parc national de Tarangire.
Premier
arrêt : une école élémentaire des Massaï… c’est fête aujourd’hui, et
seuls les élèves de 4e et de 7e année sont en classe. Nous rassemblons
les fournitures scolaires que nous avons apportées pour les jeunes. Roy
et Teri en ont un sac plein. On nous fait l’historique de l’école et on
nous parle du système de l’éducation en Tanzanie. Le gouvernement a
adopté une loi qui oblige tous les enfants du pays à faire leurs études
primaires. Très souvent, les Massaï dérogent toujours à la loi et, pour
diverses raisons économiques et culturelles, choisissent de ne pas
envoyer leurs enfants à l’école. En fait, leurs enfants ne parlent pas
le swahili. On nous apprend aussi que certains élèves doivent marcher
quelque 3 ou 4 heures pour se rendre à l’école. Calculez rapidement…
les cours commencent à 8 h 30… certains jeunes doivent donc quitter la
maison à 4 h 30 ou 5 h pour ne pas être en retard… ils doivent faire le
trajet dans un territoire infesté de bêtes sauvages… imaginez un peu
qu’un enfant nord-américain âgé de 6 ans soit obligé de traverser une
forêt à l’aube pour se rendre à l’école… ouainh… c’est ça.
Après
la visite à l’école, nous nous dirigeons vers notre hôtel, le Lake
Manyara Serena Safari Lodge au sommet de l’escarpement de la vallée du
Rift. La vue du sommet est à couper le souffle. Nous apercevons le lac
Manyara au fond de la vallée. C’est là où nous mènera notre expédition
cet après-midi. L’écosystème que nous découvrons dans le Parc national
du lac Manyara est bien différent. La forêt se nourrit des cours d’eau
qui ont leur source au sommet de la falaise. Tout est vert, et nous
apercevons nos premiers hippopotames… Ils ADORENT les trous de boue…
j’avoue que même si j’avais entendu dire à la télé que les hippopotames
font du bruit, les entendre en personne, c’est vraiment impressionnant…
Ils évacuent beaucoup de gaz… Sur le chemin du retour, nous tombons sur
un vieil éléphant de taille imposante qui brise des arbres et casse des
branches le long de la route… Il doit avoir faim et ne semble pas trop
content qu’on dérange son repas… Quand il commence à marcher vers notre
véhicule, je me dis qu’il faut le prendre au sérieux, mais que la pire
chose à faire serait de tenter de quitter les lieux… alors nous restons
immobiles… l’éléphant traverse la route tout juste devant nous… je n’ai
jamais été aussi près d’un si gros obstacle… un obstacle vivant, je
veux dire… quel feeling… son regard en disait long.
Le
bolide canadien a un petit pépin à la sortie du parc… un petit caillou
s’est logé entre le disque du frein et une plaque qui le protège. Au
départ, on pense que le silencieux vient de lâcher… mais ce n’est pas
le cas, après avoir démantelé la roue, les hommes retirent le caillou
et Emmanuel et l’Équipe Canada ne font bien rire d’eux…
Mercredi 2 juillet
– Nous commençons la journée en allant visiter Mto Wa Mbu, un village
agricole aussi connu sous le nom de Mosquito Creek (le crique aux
moustiques). Le premier arrêt au village se fait au marché, où il y a
beaucoup de fruits et de légumes locaux. Puis, nous allons à la
brasserie où ils font de la bière aux bananes. Le processus est
intéressant, mais je ne suis pas assez fou pour goûter au produit… Les
plus téméraires du groupe se risquent... quelques heures plus tard
Sampson nous dit que lui, il ne toucherait jamais à cette bière brassée
maison par crainte d’attraper la fièvre typhoïde. Certains braves
seront peut-être moins aventuriers à leur prochain voyage. Nous
visitons ensuite un moulin où l’on moud du grain et du riz et, pour
clore la journée, la maison familiale d’un villageois.
En
après-midi, nous partons à destination du Serena Ngorongoro Crater
Safari Lodge, où nous sommes accueillis par des danseurs traditionnels
Massaï.
Album photos - Lake Manyara
Cratère du Ngorongoro

Jeudi 3 juillet
– Nous faisons un safari matinal dans le cratère qui, je le dis pour
plaire aux puristes du groupe, est en fait une caldeira (un volcan qui
s’est effondré sur lui-même). Rachel nous demande d’être gentils avec
elle et de ne pas la reprendre chaque fois qu’elle parle de cratère
plutôt que de caldeira, ce que nous faisons. Quelques minutes après
nous être enfoncés dans le Parc national du cratère du Ngorongoro, nous
apercevons notre premier guépard… à vrai dire, nous passons 5 minutes à
tenter de le repérer dans l’herbe longue… lorsqu’il est bien en en vue,
clic-clic-clic . C’est le seul membre de l’espèce que nous verrons
pendant tout le voyage.
Le paysage dans le cratère est
exceptionnel, rehaussé en plus par les premiers rayons de soleil qui
transpercent les nuages… ou plutôt un épais brouillard. Le lac regorge
de flamands roses… et les chacals n’hésitent pas à y rassasier leur
faim. Une bonne cuisse de flamand à emporter! En se promenant, on voit
quelques hyènes… elles ne rient pas et on se dit qu’il serait risqué de
les flatter… elles ne sont pas très amicales ce matin… je crois
qu’elles se sont levées de la mauvaise patte.
Avant le
lunch, nous voyons notre premier, et seul, rhinocéros noir… il se
trouve très loin de la route, mais je le vois bien avec ma lentille
d’approche… tout un spectacle… même de loin je constate la grâce de cet
animal magnifique. Puis, on part à la chasse au léopard. Rachel nous
met l’eau à la bouche en disant que nous nous dirigeons vers un endroit
où beaucoup disent avoir aperçu un léopard. Vite, nous oublions notre
faim et les boîtes à lunch promises, et nous nous mettons en mode «
repérage de léopards dans les arbres ». Le chemin est assez cahoteux.
Lorsque nous arrivons à destination, nous sommes accueillis par le
personnel du lodge qui a dressé des tables où nous attend un somptueux
buffet… et un bar payant. Tout cela au milieu de la jungle. Ce n’est
pas le léopard dont nous rêvions, mais quel repas. La Serengeti, la
bière locale, est bien froide. Inutile de dire qu’après ce petit
épisode, nous nous mettons à douter de la sincérité de Rachel chaque
fois qu’elle commence à parler de léopard ou de boîte à lunch.
Le
reste de l’excursion dans le cratère est sensationnelle. Nous voyons
une foule d’autres espèces d’oiseaux, des gazelles, des hippopotames et
d’autres lions.
Album photos - Ngorongoro Crater
Serengeti – secteur Seronera

Vendredi 4 juillet
– La rotation des passagers dans les véhicules est telle que nous
faisons de nouveau équipe avec nos compatriotes. J’espère que nos amis
américains auront autant de plaisir à fêter leur fête nationale que
nous en avons eu le 1er juillet. Vu l’absence de témoins indépendants
dans leurs véhicules, cela est impossible à vérifier. Nous sommes tout
de même surpris de constater que personne ne se porte volontaire pour
entonner leur hymne national, Star Spangled Banner.
Nous
quittons la crête et nous enfonçons dans le plateau en nous dirigeant
vers le Serengeti. Nous faisons un premier arrêt dans un village
Massaï, où les habitants nous accueillent au rythme de leurs danses
traditionnelles, dans lesquelles ils entraînent d’ailleurs quelques
membres du « Family Unit » (je veux parler des huit membres d’une même
famille qui font partie du voyage sous la direction des plus jeunes
aînés du groupe, Barbara et David, à la fois parents et grands-parents
des six autres). Nous visitons l’intérieur d’une hutte de Massaï… c’est
petit, sombre et enfumé, mais cela suffit à leurs besoins et c’est
imperméable. Nous nous rendons ensuite au centre du village, où les
homes nous montrent comment allumer un feu avec de simples bâtons de
bois... personnellement, je préfère les briquets, mais eux, ils sont
tellement habiles avec ces bouts de bois qu’ils n’auront jamais besoin
d’allumettes. Nous terminons la visite par une vive session de
marchandage avec les villageois pour acheter des articles-souvenirs
Massaï originaux.
À la sortie du village, nous mettons le
cap sur le Serengeti. En route, nous faisons un arrêt aux gorges
d’Olduvai Gorge, le berceau de l’humanité, où nous assistons à un cours
d’histoire sur l’origine de l’Homme. J’ai un sentiment de déjà vu… je
me dis que mon ADN est probablement déjà passé par ici il y a des
millions d’années… est-ce la chaleur qui m’affecte?
La
leçon bien apprise, nous remontons dans nos jeeps et partons enfin pour
le Parc national du Serengeti. Près de l’entrée du parc, nous nous
arrêtons dans un petit oasis. Ce n’est pas vraiment un oasis, mais un
centre de ravitaillement où ils vendent du vin assez bon marché. Nous
faisons donc provision. Et puis nous lunchons... Rachel nous distribue
de vraies boîtes à lunch cette fois.
Une fois le ventre
plein, nous partons pour le Serena Serengeti Safari Lodge. En route,
nous croisons d’autres bêtes et nous nous arrêtons près d’un étang
d’hippopotames. Mike, l’ingénieur spécialisé en systèmes aquatiques du
groupe, avoue n’avoir jamais vu de plan d’eau aussi peu potable… mais
il soutient qu’avec assez d’argent, il pourrait le remettre en état.
Mike est aussi très impressionné par la grande quantité de gaz qui
s’échappent des lieux... Au lodge, nous sommes reçus par le directeur
de l’établissement qui insiste sur le fait que nous ne devons pas nous
déplacer dans le complexe le soir à moins d’être escortés par un membre
du personnel. Les écureuils du Serengeti sont si gros, dit-il, qu’ils
peuvent dévorer un homme... ok... je me trompe peut-être de bête.
Samedi 5 juillet
– Nous nous levons à l’aube… oui, il doit être à peine 4 h… pour aller
survoler la plaine en montgolfière... pendant que nous roulons vers le
lieu de l’envolée, une hyène s’élance devant notre véhicule. Elle
semble vouloir nous montrer le chemin. Je crois que ces bêtes ne se
lassent jamais de courir. À notre arrivée, on nous explique que les
nacelles seront à l’horizontal pour que nous puissions y monter...
l’idée de me glisser sur le dos dans un petit compartiment de l’engin
volant me laisse plutôt perplexe... je deviens carrément un sceptique
convaincu quand j’apprends que je devrai partager ma cellule avec un
autre gars de ma taille... je n’avais par tort… le pilote me fait signe
d’attendre et de monter à bord lorsque que la nacelle sera redressée.
Pour l’atterrissage, ce sera une autre histoire…
La vue d’en
haut est magnifique... lorsque les brûleurs sont éteints, tout ce qu’on
entend c’est le silence total. Nous survolons un étang d’hippopotames
et voyons clairement qu’ils n’apprécient pas du tout notre présence.
Les brûleurs nous trahissent. Quel sentiment que de se retrouver dans
les airs et d’observer le véritable paradis qu’est le Serengeti! Dès
l’atterrissage, le personnel de Serengeti Balloon Safaris nous ramène
rapidement près de la route (des lions auraient pu se cacher dans
l’herbe à 10 pieds de nous et nous ne les aurions jamais vus). Et
voilà, c’est l’heure du champagne. La cérémonie officielle au champagne
terminée, nous nous dirigeons vers un autre endroit dans la savane où
l’on nous sert un petit déjeuner complet, bien chaud, et bien sûr
d’autre champagne. Nous rentrons au lodge, où certains membres du
groupe succombent à la sieste provoquée par la petite flûte de trop.
Paul et moi prenons plutôt le bord de la piscine et sommes fiers de
dire que nous sommes maintenant membres du Club polaire d’Afrique… les
Africains n’ont pas compris qu’ils auraient avantage à chauffer leurs
piscines.
Nous faisons un safari en début d’après-midi et
avons la chance de voir d’autres espèces magnifiques de la faune
africaine. Au retour, une fête du 4 juillet le 5 est prévue. À vrai
dire, ce n’est pas la fête des Américains que nous célébrons… Hassan,
un de nos guides, se marie la semaine prochaine et Rachel a organisé un
party pour souligner l’événement. Hassan ne se doute de rien et arrive
vêtu d’un T-shirt God Bless America, prêt à fêter le 4 juillet. Tout
le monde rit... surtout de voir sa réaction quand il finit par lire
l’inscription sur le gâteau.
Album Photos - Serengeti secteur Seronera
Serengeti – secteur Kirawira

Dimanche 6 juillet
– Encore une fois, nous partons de bon matin, car nous avons un long
trajet à parcourir pour nous rendre au campement luxueux où nous
passerons nos dernières nuits, le Kirawira Luxury Tented Camp. Aussitôt
arrivés, nous avons droit aux mises en garde d’usage au sujet des
écureuils géants et d’un invité de marque, une espèce de chat sauvage
africain qui pourrait venir visiter la salle à manger pendant la nuit
et qu’il vaudrait mieux s’abstenir de flatter… car il n’est pas
domestiqué. Nous allons ensuite nous installer dans nos chambres... pas
besoin de clé, une fermeture-éclair suffit. Nous rangeons nos effets
et je décide de prendre une photo du paysage que nous apercevons de la
véranda de notre tente. Je demande à Monique de s’installer près de la
rampe pour qu’elle soit dans la photo. Pendant que je fais la mise au
foyer, j’entends la voix nerveuse de Monique qui me dis : Guy… Guy,
viens ici… Guy, viens ici... Je m’approche d’elle et elle dirige mon
regard vers une genette (Genet Cat, en anglais), le soi-disant invité
spécial dont ils nous ont parlé… La genette est étendue sur les poutres
du toit en toile qui sert de deuxième toit à notre tente... J’ai réussi
à la prendre en photo, c’est tout ce que je voulais... Elle n’est pas
revenue nous rendre visite... En après-midi, nous flânons à la piscine
où je commande une bière Safari. Le serveur me dit qu’ils ont une
maxime en Tanzanie : « One safari leads to another » (quand on y a
goûté une fois, on ne peut s’empêcher d’y revenir)… et il avait raison…
on l’a entendu quelques fois à Kirawira celle-là.
Après une autre
saucette polaire... cette fois Monique se joint aux braves... nous
repartons en safari à la fin de l’après-midi. Nous voyons cette fois de
plus gros troupeaux de gnous et de buffles du cap. Un superbe repas à
cinq services vient couronner la journée. Nous nous retirons ensuite
dans nos quartiers pour dormir. Mais quand on dort sous la tente, on
entend tout, même des bêtes se faire tuer dans la nuit.
Lundi 7 juillet
– Tôt ce matin, nous repartons en safari. Le temps est magnifique... un
lever de soleil électrisant jette une lumière orangée et rougeâtre sur
le paysage… c’est une lumière parfaite pour la photo. Debout dans
notre jeep, pendant que nous observons un troupeau de bêtes, nous
entendons soudainement le bruit le plus fort que nous ayons jamais
entendu, le genre de bruit qui fait trembler un homme dans ses
bottines. Je comprends maintenant pourquoi nous devons avoir peur des
lions. Nous n’arrivons pas à repérer le fameux roi des lieux, mais à en
juger par son rugissement, je me demande à quel point nous sommes en
sécurité dans le véhicule… nous ne ressemblons à rien de plus que de la
bouffe en conserve… Nous voyons par la suite pour la première fois des
vautours, des buses et des cigognes marabouts s’attaquer à une carcasse
de gnou. Nous passons aussi sous un arbre où pend la carcasse, ou du
moins le squelette, de ce qui reste du souper d’un léopard... c’est un
peu dérangeant… mais il fallait que j’en prenne une photo.
En
après-midi, Paul, Monique et moi nous rendons à la piscine où nous
retrouvons Al et Patty. Patty se risque dans la piscine polaire. Un
babouin vient voir ce qui se passe, et je prends en photo un mamba
vert…pas vraiment, c’est plutôt une couleuvre, mais ce n’est pas
évident quand on regarde la photo. Après la baignade pour peu dire
rafraîchissante, nous entreprenons notre dernier safari pendant lequel
nous apercevons le plus gros crocodile du voyage. Quelle pièce!!! Mais
toute bonne chose a une fin et nous rentrons au lodge. Rachel a
organisé un souper d’adieu où nous partageons nos souvenirs des dix
derniers jours. C’est une très belle soirée, mais je réalise que tout
sera bientôt fini… j’aurais aimé que le voyage se poursuive encore
quelques semaines.
Demain, nous prenons le chemin du retour...
Album photos - Serengeti secteur Kirawira
LE RETOUR
Aéroport de Grumeti River – Kirawira, Parc national du Serengeti

Mardi 8 juillet
– Nous devons prendre un vol tôt le matin à destination d’Arusha… des
avions de brousse passent nous prendre à l’aéroport local. Il faut être
à l’aéroport 3 heures avant le départ pour passer les contrôles de
sécurité… je vous ai eus! À vrai dire, nous arrivons sur place et, 5
minutes plus tard, nous décollons. Le vol est intéressant... les
paysages ne nous laissent pas indifférents. Nous voyons même un volcan
actif. À Arusha, nous visitons une plantation de café. On nous explique
comment les fèves de café sont transformées et comment elles arrivent à
goûter si bon. Nous avons aussi droit à un cours sur la préparation de
la meilleure tasse de café au monde. En passant, la beauté de la
cafetière n’a rien à y voir… Rachel nous ramène ensuite à l’hôtel où
nous pouvons nous rafraîchir et nous changer… nous commençons aussi à
nous préparer en prévision des succulents repas qui nous attendent sur
les ailes de KLM… Traduction : nous passons à la salle à manger prendre
un gros hamburger qui nous rassasiera pour les 15 heures de voyage… Je
suis content de ne pas être un mangeur de salade.
Le vol de KLM est en retard... et le reste de la journée suit son cours.
Amsterdam
Mercredi 9 juillet
– Pour amortir le voyage de retour, nous avions prévu de nous arrêter
quelques jours à Amsterdam. Lyne, la femme de Paul, nous retrouve à
l’aéroport. Son avion a atterri 20 minutes avant le nôtre. Nous filons
au centre-ville, nous nous inscrivons à l’hôtel et nous partons à pied
pour Dam Square. Cela fait à peine 10 minutes que nous marchons que
nous rencontrons Al et Patty, deux participants au safari de Tauck qui
resteront eux aussi quelques jours à Amsterdam. Nous passons la
journée à découvrir cette vieille ville au grand cachet. La veille à
Arusha, nous avions planifié d’y retrouver Al et Patty du Texas ainsi
que deux autres membres du groupe, Mike et Penny de la Californie qui
font aussi escale à Amsterdam avant de rentrer à Arcadia demain.
J’initie la gang à un drink hollandais que j’aime beaucoup, le
genièvre, plus précisément le Bols Corenwyn Jenever vieilli en barils
de chêne. À chacun de mes passages à Amsterdam, je m’arrête dans un
petit bar près de Dam Square où j’ai goûté au Corenwyn pour la première
fois. Le propriétaire y est depuis 32 ans. Il ne me reconnaît pas, mais
moi je le reconnais... c’est curieux. Après avoir passé un bon moment
au bar, nous allons tous au restaurant goûter aux spécialités du pays.
Le repas fini, nous faisons nos adieux et partons chacun notre chemin.
J’espère que nos routes se croiseront de nouveau un jour.
Jeudi 10 juillet
– Nous passons de musée en musée. Il pleut à boire de bout... on ne
pourrait demander meilleure température vu le programme de la journée.
Notre premier arrêt : la maison d’Ann Frank. Quelques minutes dans le
musée suffisent pour nous convaincre de la misère qui a affligé la
jeune fille et sa famille pendant la Seconde Guerre mondiale. Je n’en
suis pas à mon premier voyage à Amsterdam, mais c’est la première fois
que je me rends à ce musée que je recommande d’ailleurs à tout le
monde. Le Rijksmuseum est toujours intéressant; les tableaux de
Rembrandt sont quelque chose à voir. En fin de journée, nous nous
rendons dans mon musée préféré d’Amsterdam, j’irais même jusqu’à dire
le meilleur au monde à mes yeux, le musée Van Gogh. Il y a tant de
chefs d’½uvre dans cet immeuble, c’est tout simplement merveilleux.
J’ai la chance de revoir mes deux tableaux préférés : la maison jaune
et la chambre à coucher. Vincent van Gogh était certainement un grand
maître du sens des proportions (une petite blague entre nous et Paul,
il fallait y être… peut-être Paul vous donnera-t-il sa version des
faits un jour). Pour clore la journée, nous prenons un autre repas
typique du pays, un Rijsttafel (table de riz) et visitons le célèbre
Red Light District d’Amsterdam... je vous laisse vous imaginer ce que
nous avons vu… je ne voudrais pas choquer la parenté ou mes plus jeunes
lecteurs.
Vendredi 11 juillet – Le troisième jour
est consacré à la marche et à une promenade en bateau sur les canaux
d’Amsterdam. Pour partir la journée, nous faisons un marathon d’au
moins 40 milles, il me semble, à la recherche du seul restaurant en
Hollande où l’on fait des crêpes avant midi. Les deux dames qui nous
accompagnent ont décidé qu’elles veulent des crêpes pour déjeuner…
(Note de la rédaction : Selon le guide touristique de Monique, les
crêpes sont une des dix grandes spécialités culinaires des Pays-Bas.)
C’est comme ça que nous apprenons que la majorité des crêperies
n’ouvrent que pour le repas du midi. Nous finissons par en dénicher une
qui l’est, nous obtenons nos crêpes et nous crions victoire. Nous
prenons notre dernier souper à Amsterdam dans un très beau restaurant
italien à deux pas de l’hôtel.
Samedi 12 juillet – Il pleut,
pour faire changement... nous quittons Amsterdam pour rentrer à Ottawa
où je me remémorerai longtemps l’expérience vécue en Tanzanie. Quel
endroit fantastique! J’ai du mal à croire que je ne reverrai plus de
girafes ou d’éléphants d’Afrique dans leur milieu naturel. Cependant,
je pourrai toujours dire que je suis un des gars les plus chanceux au
monde puisque j’ai pu aller là-bas… et je continuerai de rêver au
moment où je pourrai retourner dans ce véritable paradis.
Album photos - Le Retour
J'espère que vous avez aimé votre voyage en Tanzanie!